Publiée le 19 décembre dernier sur sa chaîne Youtube officielle, cette vidéo de l’association PETA (Pour une Éthique dans le Traitement des animaux) a largement été partagée sur les réseaux sociaux.

Une dame qui pourrait être votre grand-mère nous reçoit dans sa cuisine avec son tablier rose, portrait de dinde en plein air au mur et nous annonce qu’elle va nous apprendre à cuisiner la version végane de la dinde farçie. On s’attendrait presque à retrouver une version féminine de Jean Rochefort dans les Boloss des Belles Lettres (retrouvez l’intégrale ici) alliant djeunisme cool et message de fond. Son regard bleu glaciers pétille même lorsqu’elle décide de l’appeler la « dinde merci ». Ce sera sa seule et dernière formule de politesse.

Jean Rochefort - Raclette Lubrique

Jean Rochefort – Raclette Lubrique

Dès la quinzième seconde de visionnage, le ton global du « tuto » change et, l’air de rien, Mamie PETA commence à décrire avec des termes choisis ce « plat généralement mangé par des fils de putes ». Brutal. Gratuit. Plein de jugements. Le message végan, dès lors, manque irrémédiablement sa cible, discrédité par cette attaque gratuite auprès du public qu’il semblait pourtant vouloir convier amicalement à sa table.

PETA France Dinde Merci non Merci

PETA France 2017 – Agence Cubriks – « Dinde Merci – Non Merci »

Après un rappel détaillé sur les conditions d’élevage puis d’abattage des animaux lourdement ponctué de « Putain« , le clou s’enfonce encore un peu plus sur ces « gros connards » ou « grosses enflures » qui sont invités à ne pas « faire les putes » et à devenir véganes avec un clin d’oeil complice. Et les omnivores curieux se prononcent d’eux-même :

Les commentaires ne se sont pas fait attendre et on fortement réagi à ce clip réalisé par Cubriks, une boîte de communication qui annonce sur la page d’accueil de son site web être un « créateur d’image, d’émotion, d’identité » et contactable « à n’importe quelle heure« .

En fait, il ne s’agit que d’une adaptation française du clip « Tofucken: The Vegan Turducken« , publié en 2015 par la PETA USA et non d’une création novatrice. Peggy Glen, qui jouait dans la version originale avait rencontré un franc succès, notamment parce que son ton restait plein d’humour tout en portant un regard sur les vérités crues de la cause qu’elle défend. Des suites ont même vu le jour.

Certains déclarent que les vexés manquent cruellement d’humour ou encore qu’il s’agit d’un problème propre à la culture française, on peut cependant rappeler que la chaîne « Les Tutos » ne faisait pas dans la dentelle niveau vocabulaire mais cumule plus de 2 millions d’abonnés à ses 50 vidéos.

Près de 11 millions de vue sur le tuto « Cupcake » qui s’ouvre pourtant sur un chaleureux « Bienvenue bande de salopes« .

Bref, la majorité des commentaires que l’on peut trouver sur les réseaux sociaux concernant la « Dinde (non) Merci » insistent sur le fait que les végans ne veulent pas être associés à cette image dégradante, ni aux émotions négatives qu’elle dégage et une pseudo identité qui n’a rien à voir avec la mentalité de ceux qui ont choisi ce style de vie.

 

Son effet contreproductif a été lui aussi déploré, renforçant un peu plus le stéréotype des végans et végétaliens radicaux, intolérants et donneurs de leçons.

Le pire dans toute cette histoire? 

PETA France Dinde Merci – Non Merci

C’est sans doute que le résultat final de ce non-tuto de cuisine ne donne même pas faim. 

Cette Fille-Là vous propose de partager votre opinion, vos anecdotes et vos expériences sur les challenges imposés par le mode de vie végan ou votre régime végétalien auprès de votre famille, vos amis ou encore de parfaits inconnus au quotidien.

De même, nous serions ravis de lire des témoignages de personnes omnivores et leur avis sur cette forme de communication.

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